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La relance verte ne se fera pas sans le bleu

Ce lundi 8 juin a été marqué par la journée mondiale de l’océan. Mais cette année, cette date clé est malheureusement passée derrière les flots de l’actualité. Pourtant, la préservation des océans est une question centrale pour l’avenir de la planète et, par conséquent, le nôtre. En effet, l’océan est aujourd’hui le principal régulateur du climat mondial : couvrant 71% de la surface du globe, il produit plus de 50% de l’oxygène que nous respirons, absorbe environ 30% du CO2 et 93% de l’excès de chaleur généré par les activités humaines. Or, comme le souligne une récente étude menée par le Earth Institute de Columbia University, cette capacité d’absorption s’amoindrit drastiquement sur l’ensemble du globe – en d’autres termes, l’océan n’arrive plus à compenser les répercussions de la pollution générée par l’activité humaine. Comment empêcher cette catastrophe ? Par la protection des aires terrestres et marines. C’est l’une des conclusions de la feuille de route sur la biodiversité, dévoilée mi-janvier par la Convention sur la biodiversité biologique (CBD) : il faut réussir à amener, d’ici 2030, à 30 % le taux d’aires terrestres protégées et au même nombre celui des aires marines protégées (contre 17 % et 10% aujourd’hui). Pour autant, cet objectif paraît difficile à atteindre : en effet, seulement 39% de l’océan relève de la juridiction nationale, les 61% restants faisant partie des eaux internationales. Ainsi, pour atteindre l’objectif de protection de 30 %, il faudrait protéger près de 80 % des eaux nationales… La question de lanationalité est donc clé. En janvier 2020, 102 ONG proposaient d’agir au niveau européen avec un plan d’actions détaillé, intitulé « Blue Manifesto ». Quid du rôle de la France ? Présent dans tous les océans sauf l’Arctique, notre pays dispose du deuxième espace maritime mondial, 10 % des récifs coralliens et 20 % des atolls de la planète. Par ailleurs, près de 10 % de ladiversité mondiale des espèces marines est présente en outre-mer. Sommes-nous pour autant prêts à prendre la tête d’un tel mouvement pour montrer le chemin ? Selon France Nature Environnement, nous sommes encore loin du compte avec seulement… 1,5% des mers françaises actuellement protégées. Si les différents plans de relance qui se suivent ont pris une tonalité de plus en plus verte – ce dont nous pouvons nous réjouir – il ne faudra pas oublier d’y associer du bleu, beaucoup de bleu…

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