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Briser la tragédie de l’horizon

Les politiques de santé conduites ces dernières années. Les décisions prises en amont et à l’irruption du virus. Les plans prévus pour le déconfinement et la relance des activités. La crise pointe la tendance collective à être aspiré par le court terme et à se refuser à envisager le futur.

C’est ce penchant que Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre avait théorisé en 2015 comme « la tragédie de l’horizon », en alertant alors la finance sur son exposition aux risques créés par le réchauffement climatique : en se fondant presque exclusivement sur des modèles de court terme, elle échoue largement à y intégrer le risque de long terme et à anticiper les phénomènes de rupture, pourtant dévastateurs pour les sociétés, les économies et les investisseurs.

A cela plusieurs (mauvaises) raisons : les risques climatiques sont sans précédent et leurs impacts sont perçus comme encore éloignés, géographiquement comme temporellement (horizon à plusieurs décennies contre quelques années pour les politiques monétaires et la stabilité financière).

Ainsi, qu’ils soient physiques, de responsabilité ou de transition, ils ne sont pas suffisamment matérialisés par les investisseurs ni chiffrés par les analystes. En témoigne une édifiante statistique : sur plus de 20 000 articles parus dans 21 revues financières entre 1998 et 2015, 12 seulement évoquent le climat.

Deux armes pour briser la tragédie : l’information (recours à l’expertise et construction de scénarios climatiques) et l’activisme des actionnaires en faveur du long terme. La relance s’en munira-t-elle ?

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